La révolution numérique dans l’éducation : enquête juin 2014 de la chaire d’économie numérique de Paris-Dauphine

iStock_000028337056SmallLes Français très favorables à l’enseignement numérique

Paris, le 27 juin 2014 – La chaire Économie numérique de l’Université Paris-Dauphine publie aujourd’hui la dixième édition de son baromètre trimestriel de l’économie numérique, réalisé avec Médiamétrie, sur les attentes et comportements des Français dans le domaine de l’économie numérique. Ce trimestre, le Baromètre s’intéresse tout particulièrement à l’enseignement numérique, réalisé grâce aux nouvelles technologies, en classe ou à distance.

« La révolution numérique touche tous les aspects de la vie sociale, et en particulier l’enseignement, tant dans ses formes que dans ses contenus. Elle conduit à repenser notre système éducatif pour le rendre plus performant et mieux adapté aux attentes des Français », commente Dominique Roux, Responsable scientifique de la chaire Économie numérique.

Huit personnes sur dix connaissent le e-learning

Les pratiques d’enseignement numérique sont connues : interrogées sur le e-learning, huit personnes sur dix déclarent qu’il s’agit d’ « une façon d’apprendre en ligne ». Les plus familiers de cette notion sont les CSP+ (90 %) et les 15-34 ans (87 %). Les 50 ans et plus, les inactifs et les CSP- sont les plus nombreux à ne pas savoir ce qu’est le e-learning.
En revanche, près de huit personnes sur dix ne connaissent pas ou identifient mal les MOOCs (Massive Open Online Course), ces formations en ligne ouvertes à tous. Les personnes qui identifient le mieux les MOOCs comme « une façon d’enseigner à distance » sont les hommes (26 % contre 19 % pour les femmes), les 15-34 ans (25 % contre 23 % pour les 35-49 ans et 20 % pour les 50 ans et plus), les Franciliens (27 % contre 22 % pour les habitants de province) et les CSP+ (27 % contre 17 % pour les CSP-).

Une familiarisation précoce avec l’enseignement numérique

Les Français sont favorables à un enseignement numérique via un outil numérique (tablette, ordinateur, Internet, etc.) très tôt dans la scolarité des enfants. Près de huit personnes sur dix pensent que l’enseignement via un outil numérique peut débuter entre la maternelle et le collège. Le niveau scolaire privilégié pour débuter est le primaire pour 37 % des personnes interrogées. Viennent ensuite le collège (23 %) et la maternelle (19 %). Seuls 17 % des interrogés considèrent que l’enseignement numérique doit débuter après le collège (lycée, université, formation professionnelle).

S’agissant de l’enseignement numérique à distance (vidéo, visioconférence, autoapprentissage), les personnes interrogées le recommandent à des niveaux de scolarité plus avancés : 38 % préconisent de le débuter entre la maternelle et le collège, alors que plus de la moitié (56 %) le recommandent plutôt entre le lycée et la formation universitaire ou professionnelle.

Un dosage à respecter

En ce qui concerne l’intensité de l’emploi des outils d’enseignement numérique ou l’intensité d’utilisation de l’enseignement à distance, les Français suggèrent de les « doser » en fonction de l’avancée dans les études.

Ainsi, huit personnes interrogées sur dix sont favorables à une utilisation partielle des outils numériques en maternelle et en primaire. La proportion s’inverse à partir des études supérieures : respectivement 65 % et 61 % des répondants recommandent une utilisation en totalité ou en majorité des outils numériques dans l’enseignement à l’université et dans la formation professionnelle.

L’acceptation de l’enseignement numérique à distance augmente également avec l’avancée de la formation. 31 % des personnes interrogées déclarent que l’enseignement numérique à distance ne devrait pas avoir lieu en maternelle. En revanche, son développement à partir des études supérieures est clairement mieux accepté : ils sont 53 % à le juger acceptable partiellement, et 45 % à l’accepter en totalité ou en majorité à l’université ou dans la formation professionnelle.

Une transition vers l’enseignement numérique

L’effet de l’intégration du numérique dans l’enseignement se ressent tout d’abord pour les enseignants : pour trois personnes sur quatre, il faut les former. 29 % pensent que cela allège leur charge de travail et 27 % que cela change leur recrutement.

En ce qui concerne les contenus, 69 % des personnes pensent que le numérique rend les exercices plus interactifs, et 49 % que cela permet de mettre à jour les contenus plus fréquemment.

L’animation des cours est elle aussi modifiée par le numérique : près de la moitié des personnes interrogées (48 %) pense qu’il améliore l’attention des élèves. Le rôle du professeur demeure important : pour 42 %, il doit être présent dans la salle de cours.

Enfin, en termes d’apprentissage, près de trois personnes sur quatre (72 %) considèrent que l’enseignement numérique accroît l’autonomie d’apprentissage des élèves. Mais près d’une personne sur trois (31 %) s’inquiète du fait que le numérique empêche de différencier clairement temps de travail et temps de repos.